PARCOURS SCIENTIFIQUES DANS LES VIGNES DES ERUDITS PROTESTANTS: D’OLIVIER DE SERRES A PLANCHON

Jean-Claude MARTIN
INRA – Agro Montpellier
Histoire des Sciences de la Vigne et du Vin

Dans l’agriculture, la vigne et le vin constituent un centre d’intérêt majeur pour les élites de toutes les époques. Les voyageurs parcourant l’Europe manifestent toujours une certaine admiration tant pour les produits que pour les paysages. Les frères Platters (Bâle, Suisse) en 1550-1595, et Locke (Anglais) en 1676-1679 figurent parmi les plus illustres. Mais cette réussite économique et culturelle résulte de l’implication de nombreuses compétences, dont celles issues de communautés religieuses sans cesse mise en avant comme caution culturelle.
Cette intervention porte le regard sur le rôle des hommes, qui, à partir d’Olivier de Serres, ont recherché des pratiques de production à la lumière des savoirs et de leurs propres expériences. En Languedoc, quelques grandes familles protestantes ont joué un rôle de premier plan. Certes, il n’y a pas un label « agronome protestant » mais des regards et des comportements originaux et novateurs. Dès lors, le parcours proposé, sous forme virtuelle dans l’espace montpelliérain, n’est pas une simple promenade nostalgique et bucolique : c’est une remise en mémoire de quelques enseignements majeurs délivrés par des hommes réfléchis, alliant science et pratique.
Les cinq enseignements majeurs pour le développement de la viticulture

1) La place du travail dans la réalisation personnelle (Weber et calvinisme)
2) Engagement complet dans l’activité agricole, avec intelligence observation et expérimentation : à l’opposé de l’absentéisme de nombreux propriétaires rentiers.
3) Rigueur dans la gestion quotidienne, tant sur le plan technique que financier
4) Dynamique de progrès scientifique et technique. Liaisons étroites avec la Faculté de Pharmacie
5) Elaboration d’une vision et d’une pensée sur l’agriculture et la viticulture. Diffusion des idées et des savoirs-faire

OLIVIER DE SERRES ET LA VITICULTURE RAISONNEE.
Olivier de Serres est né en 1539, dans une famille protestante du Vivarais (Villeneuve de Berg). Très jeune, en 1558, il achète un domaine d’une centaine d’hectares, Le Pradel.
Il rédige le Théâtre d’Agriculture et Mesnage des Champs, fruit de ses propres expériences et de ses connaissances des agronomes latins. Il est reconnu comme l’un des tous premiers agronomes français, mais, au delà de la technique, c’est un véritable penseur de l’agronomie moderne, avec un recours aux premiers savoirs scientifiques. Cet ouvrage n’est pas une reprise des textes d’agronomes latins, ce qui est alors courant dans les ouvrages des religieux monastiques, avec les Predium rusticum.

L’engagement personnel; l’œil du maître dans toutes les étapes de la production
Olivier de Serres ne conçoit pas un comportement de rentier, de propriétaire absentéiste en agriculture. Il prend exemple sur les grands notables bordelais, qui se rendent dans leurs domaines au moment des vendanges, pour surveiller la préparation des caves et la qualité des raisins à la vendange.
D’où une étroite relation avec la qualité finale du vin. sa vision aristocratique le pousse à lier la finesse des vins à des propriétaires dégagés des dures contraintes matérielles, alors subies par les paysans pauvres. Base de la pensée de J. Branas dans les années 1930!
Empreint de culture protestante, il affirme que « Les choses ne valent que ce qu’on les fait valoir ». Cette idée est renforcée par sa croyance dans le pouvoir de l’esprit humain éveillé à la science : « La science ici sans usage ne sert à rien, et l’usage ne peut être assuré sans science ».

Parcourir son terroir pour en connaître ses potentialités productives, commerciales et économiques
➢ Il faut adopter une démarche méthodique, en rupture avec les automatismes habituellement acceptés sous couvert de tradition. Observer et comprendre, c’est l’approche géologique dans la connaissance des sols : des fosses sont creusées pour voir la vigueur de l’enracinement et en dédire le potentiel productif.
➢ Les facteurs de base pour une viticulture de qualité sont bien explicités : « L’air, la terre et le complant font le fondement du vignoble »
Ainsi, le vigneron se doit de respecter ce principe d’équilibre, voire d’harmonie, dans ses choix techniques, et, en premier, sur les cépages et le terroir. Le poids de la localisation géographique dans la commercialisation et la taille du vignoble.

Une véritable charte et des instructions techniques
➢ Olivier de Serres fixe un objectif en matière de caractéristiques qualitatives : il faut élaborer un vin de belle couleur, agréable en arômes, délicat, avec de la vivacité, une bonne aptitude à la garde.
➢ Toutes les étapes de l’élaboration, des traitements et de la conservation des vins sont minutieusement décrites. Elles doivent être respectées pour élaborer un vin apte à la conservation et au transport.
➢ La place de l’hygiène est primordiale, dans un univers rural peu sensible à la propreté. Avant les vendanges, tout contenant fait l’objet de soins attentifs, les moyens de transport de la vendange, la cave, la futaille.
Cette pensée se retrouve dans tous les ouvrages français et européens des siècles suivants. Olivier de Serres tombe dans l’oubli avec les guerres de religion. Il faut attendre l’abbé Rozier pour le redécouvrir et le republier au début du XIXe siècle.

[JC Martin, Fondements viticoles et œnologiques chez Olivier de Serres, en 1600. Revue Française d’œnologie, n°209, 210]

CAZALIS-ALLUT: INNOVATION ET QUALITE EN VITICULTURE
Cazalis-Allut est né à Nîmes, sa famille est originaire de Villeveyrac (Hérault). Veuf jeune, il se remarie à Mlle Jeanne Allut et prend le nom composé Cazalis-Allut, référence ensuite abandonnée plus tard par son fils Frédéric Cazalis. La famille Allut est alors connue à Montpellier. Jean-Jacques Allut est Président de la Société d’Agriculture de l’Hérault 1808, et membre de la Société Libre des Sciences et Belles Lettres de Montpellier. Il acquiert une bonne expérience de gestion en développant une entreprise de commerce, avec des associés . Puis, il devient un personnage central de l’agriculture et de la viticulture pendant un demi-siècle. Il préside la Société Central d’Agriculture de l’Hérault, en particulier au moment de la crise de l’Oïdium. Son fils, Frédéric, crée Le Messager agricole et viticole, de Montpellier. Ses écrits sont très abondants, en particulier dans les bulletins de la SCA et dans deux ouvrages, en 1848, puis en 1660, reprise d’articles par son fils. La biographie, écrite par Henri Marès, ne révèle pas suffisamment les grands débats et controverses dans lesquels Cazalis-Allut a montré toutes ses capacités de réflexion et son souci de transparence dans ses communications écrites.
Nous retiendrons ici son œuvre majeure, dans laquelle la filiation avec Olivier de Serres est remarquable, la création du Domaine d’Aresquiés, aujourd’hui partagé en plusieurs domaines, mais toujours terroir privilégié de Muscat.

Création d’un vignoble de qualité à Aresquiés
Au pied du massif de la Gardiole, Aresquiés est sur la commune de Vic la Gardiole, à la limite de Frontignan. C’est un îlot rocheux, entouré de zones humides, entre des étangs. qui se prolonge dans la mer. De nature calcaire, ce n’est pas une masse compacte mais un ensemble de grandes et larges plaques fissurées, aux cailloux anguleux, avec peu de terre arable, légèrement chargée en fer . Ce sol constitue un véritable défi pour un usage agricole.

➢ La création d’un nouveau terroir agricole
Cazalis-Allut fait preuve d’un grand esprit d’entreprise et d‘un certain goût du risque en décidant la mise en valeur de cet espace naturel original, a priori stérile. Si, au départ, il partage cette initiative avec un autre, il se retrouve rapidement seul.
La petite zone dénommée Aresquiès est sur la commune de Vic la Gardiole, aux limites de Frontignan. Elle est rattachée pendant des siècles à l’évéché de Maguelone. Bordée par les étangs d’un coté et par le petit massif de la Gardiole, c’est un mamelon de calcaire rocheux de 350 hectares, îlot particulier par le sol et le climat. C’est un terroir au sens moderne. Le roc affleure, se crevasse et forme un sol où dominent les pierres en éclats, avec un mélange variable de terre quelque peu chargée en fer.
A l’arrivée de Cazalis-Allut, la garrigue très pierreuse est recouverte de chênes verts et kermès, outre les plantes classiques, thym et lavande. Les vignes couvrent seulement 57 hectares et le reste sert à l’élevage d’un troupeau de moutons à laine.
Cazalis-Allut trouve donc des conditions culturales difficiles du point de vue agronomique, mais il en comprend aussi les avantages pour les études.
Sa première analyse repose sur les deux paramètres majeurs du terroir : le sol et le climat . Certes, la couche végétale est réduite, le terrain est desséché en apparence mais il présente dans ses couches profondes une certaine fraîcheur grâce à ses fissures, car il n’est pas aussi compact que le massif des collines toutes proches. Il repère aussi l’intérêt du climat local, le méso-climat de nos concepts. Abritée par le massif de la Gardiole, la végétation est précoce; les vents chargés d’humidité marine accentuent la maturité des fruits. La brise d’été n’est pas sans intérêt aussi.
Comme de nos jours, Cazalis-Allut observe attentivement la flore indigène, méthode actuellement en cours pour le zonage des terroirs viticoles (Jacquinet et l’INAO) « Si le terrain que je veux convertir en vigne a pu nourrir les chênes verts, une innombrable quantité de chênes kermès et tant d’autres plantes, il me semble que ce terrain, laissé dans son état primitif, devra, à plus forte raison, faire prospérer des ceps convenablement cultivés, et moins nombreux que les végétaux qu’ils ont remplacés » [Sur les plantations de vignes].

➢ La mise en valeur du terroir.
Cazalis-Allut opère des défrichements de manière méthodique, opérations qui consistent à dégager les pierres mal fixées au sol car les défoncements sont pratiquement impossibles avec une traction animale. Il réalise de vastes compartiments, délimités par d’épaisses murailles construites en rochers et pierres sortis relativement facilement de la surface du sol. L’épaisseur et la hauteur sont surprenantes, elles peuvent excéder deux mètres. Leur longueur atteint plusieurs kilomètres. C’est dire la tâche titanesque en matière d’aménagement. Ces enclos constituent des parcelles abritées du coté mer contre les vents chargés en sel en particulier, et nuisibles à la végétation. Les traces en sont bien visibles de nos jours dans le bois de pin lui-même. Pour financer cette entreprise, Cazalis-Allut est amené à emprunter des sommes élevées, le remboursement des intérêts s’élevant certaines années jusqu’à 12 000 francs, selon les affirmations de son fils Frédéric.

➢ Une nouvelle viticulture écologique
La superficie du vignoble est alors portée à 160 hectares. Les vignes sont en rangées de 3mètres sur 1,10 mètre entre cep. Les crossettes légèrement recourbées sont placées dans des petits trous de 25 centimètres de profondeur puis recouvertes avec un peu de terre végétale. Ainsi Cazalis-Allut transforme un vignoble pour la production d’eaux-de-vie en un vignoble destiné à la consommation de bouche grâce à un choix judicieux et novateur en matière de cépages. Ses vins muscats bénéficient d’une grande réputation ainsi que ceux de Cabernet-Sauvignon.
La première innovation de Cazalis-Allut porte sur la biodiversité viticole et sur sa gestion raisonnée. Comme l’avait tenté dans les années 1780 l’abbé Rozier à Béziers, il réalise la valeur de la diversité de l’encépagement pour produire des vins de qualité. Il plante une véritable collection de cépages originaires tant du nord de la France que du sud de l’Espagne. Il constate que chacun d’eux réagit en fonction de leur nouveau lieu de plantation, adopte des caractères nuancés mais toujours valorisants. Apparaissent ainsi en Languedoc, des cépages tels que les cabernets-sauvignon, pinots, furmint et autres de qualité. Il a en quête de références de vin grâce à ses contacts hors de la région.

Son système viticole présente une grande cohérence et un souci d’efficacité. Pour cela, il modifie le cycle habituel plantation-arrachage, pour introduire la pratique de la greffe sur des vignes anciennes. Le sur-greffage lui facilite l’essai de nouveaux cépages et raccourcit les délais de fructification pour apprécier la qualité des vins. Il y perçoit un intérêt pour le muscat de manière à s’adapter à la précocité. Plus tard, lors du phylloxéra, le greffage des vignes américaines sera présenté comme une grande nouveauté, oubliant la maîtrise déjà acquise par Cazalis-Allut, à Aresquiès.
Son avis sur les engrais montre sa confiance dans l’adaptation de la vigne à son terroir. S’il reconnaît l’utilité d’apports dans les vignobles productifs, il n’est pas favorable à un emploi lorsqu’on vise des vins de finesse et de délicatesse. Il n’en sous estime toutefois pas les inconvénients, en particulier la faiblesse des rendements, ayant probablement en tête, suite à ses voyages, les caractéristiques des têtes de cuvée bourguignonnes décrites par le Docteur Morélot ! Quant à l’irrigation, il n’en conçoit pas l’usage, la vigne d’Aresquiés finissant par atteindre l’humidité, tout comme la végétation arborée du voisinage. Sur ce point, Cazalis-Allut fait confiance à la nature et à la perspicacité de son analyse. Par contre, il est exigeant en matière de soins culturaux – lutte contre l’oïdium – et d’entretien du sol.

Comme bien d’autres avant lui, il saisit bien l’importance de la date des vendanges. Son souci majeur semble être la qualité sanitaire de la vendange. Dès lors, une cueillette peu tardive permet de vinifier des raisins sains, même s’ils n’ont pas atteint une maturité trop poussée ; toute altération due aux effets de la brise et des condensations nocturnes est évitée. A son époque, la teneur en alcool est plus modérée qu’actuellement, y compris dans les grands crus du Bordelais (voir Gay-Lussac) De plus la faiblesse des rendements est également due à la faible taille des raisins et des grains, la fertilité en fruit est réduite.
Il innove en préconisant l’usage du sécateur au lieu de la serpette, seau au lieu du panier. Ainsi, les raisins cueillis à maturité complète sont entiers, pas de grains à ramasser susceptibles de donner des goûts de terre, de mauvaises herbes, ces fameux goûts de terroir tant décriés par de nombreux scientifiques de l’époque.
A la cave, tous les visiteurs de marque portent des appréciations élogieuses. Cazalis-Allut introduit de nouveaux pressoirs, ce qui permet un pressurage plus homogène. Les foudres sont de grande contenance, mais il opte pour des cuves en bois tronconiques, analogues à celles de Bourgogne. Mais, surtout, il est capable de décrire avec précision et clarté, la réalisation de ses vins.
Son sens de l’innovation se porte aussi sur les produits de la vigne. Par exemple, il suggère l’élaboration de vin mousseux à partir du furmint « Le Tokai, récolté moins mûr que lorsqu’on veut en faire un vin de liqueur et préparé comme le Champagne, donnerait un vin mousseux, exquis, et qui serait sûrement d’une vente facile. J’engage donc ceux qui en récoltent à essayer ce moyen. Il a parfaitement réussi pour le muscat qui, ainsi traité, donne un vin délicieux et qui se vend très cher. » [Cazalis-Allut, 1835, 1837]
Techniquement, il rompt donc avec les pratiques traditionnelles, de nos jours tant vantées avec le concept d’usages locaux, loyaux et constants.

Une reconnaissance nationale et internationale bien construite

La reconnaissance s’exprime à la fois sur sa personnalité et sur son œuvre, en particulier sur ses vins.
➢ Cazalis-Allut publie régulièrement dans les Bulletins de la Société Centrale d’Agriculture de l’Hérault pendant plusieurs décennies. Il est souvent le premier à aborder les thèmes sensibles, en particulier celui de la Maladie de la vigne, à savoir l’Oïdium. A cette occasion, il fait preuve d’objectivité et d’honnêteté intellectuelle en défendant Laforgue et l’usage préventif du soufre face à Marès aux protocoles expérimentaux ambigus.
Mais sa notoriété est surtout acquise par ses vins. Il reprend la conception des vins développée par Olivier de Serres, avec le souci d’apporter le meilleur au consommateur. Il recherche les jugements extérieurs lors de confrontations, pacifiques, de ses propres vins avec ceux de régions réputées. Il présente ses vins dans des concours, en Bourgogne notamment, pour avoir une évaluation qualitative de ses pinots. Ses visiteurs hongrois l’amènent à une certaine fraîcheur « J’ai fait boire de mon Tokai à des Hongrois, sans les prévenir du vin qu’on leur servait, et ils se sont écriés en le portant au nez : Ah ! voilà du vin de chez nous ! Cela prouve, je pense, d’une manière assez positive, combien l’identité est parfaite entre le vin de Tokai récolté dans le département de l’Hérault et celui de la Hongrie. » [Cazalis-Allut, 1837]
Sur les autres vins, il publie les jugements porté avec moins d’emphase, ce qui lui permet de se situer dans cet univers des vins fins. Dijon et Angers sont les deux centres de contacts privilégiés, où ses travaux sont analysés.
➢ Son sens de l’innovation et son efficacité technique sont appréciés par les membres des Sociétés Centrales d’Agricultures ainsi que pour de nombreux scientifiques français (Balard…) et étrangers et les représentants du pouvoir impérial (Guyot). Il connaît les travaux de tous les ampélographes de son époque (Comte Odart, )
Il reçoit Guyot lors de son périple dans les vignobles français, et lui transmet sa vision à la fois paternaliste et soucieuse de résultats économiques. Parmi les conseils donnés par le célèbre Guyot pour le développement du vignoble héraultais, nombreux sont ceux issus des entretiens avec Cazalis-Allut. Dans son compte-rendu, Guyot le considère de manière élogieuse, presque exclusive : « Il est impossible de parler des progrès de la viticulture dans l’Hérault sans citer M. Cazalis-Allut, qui en a été un des plus habiles promoteurs depuis 1816, où il créé son magnifique vignoble des Aresqiés. » [Guyot]
Notons l’hommage du grand chimiste Balard, pour l’action de Cazalis-Allut, pendant cinquante ans, fournissant « à la science les renseignements les plus précieux ». Soulignons la longue durée évoquée par ces références.
➢ Plus anecdotique est l’attention des pépiniéristes, avec la création d’une variété de raisin, le ‘Cazalis-Allut’, par Tourrés, de Macheteaux (Le Vigneron du Midi,1870, p.116) ainsi qu’une variété de Laurier rose, Nérium oleander ‘Souvenir de Cazalis-Allut’ disponible à la Domus nursery (http://www.domusnursery.com.au/)

A travers son œuvre, à dominante viticole mais pas exclusivement, Cazalis-Allut fait preuve de qualités exemplaires qu’il sera difficile de retrouver au XXe siècle. Esprit libre, il se plait à cultiver sa curiosité en matière viticole, en particulier sur les cépages, sans a priori, recherchant la valorisation du meilleur. Il se passionne pour tous les types de vins, jusqu’aux grands liquoreux et vins mousseux. Il fait preuve d’une grande rigueur intellectuelle dans l’approche des problèmes techniques et dans ses engagements professionnels.
Il préfigure le viticulteur éclairé, dans un environnement naturel respecté et mis en valeur, mais en relation avec les personnalités d’autres pays. Mais, faut-il le rappeler, il bénéficie d’un contexte très favorable aux initiatives personnelles, dans la mouvance du Siècle des Lumières. Les grandes disciplines scientifiques se mettent en place. L’internationalisation de l’économie amène Napoléon III à recourir aux services du Docteur Jules Guyot et de Pasteur !
Après la reconstitution du vignoble détruit par le Phylloxera, l’impulsion qualitative donnée par Cazalis-Allut s’affaiblira fortement, en particulier dans les choix stratégiques de la viticulture méridionale. D’autres porte-paroles émergent dans les vignes que dans les instances scientifiques. A Montpellier, seul le Professeur Branas rappellera cette personnalité dans son cri « La décadence de la qualité », en 1929. Une voie peu compatible avec la naissance d’une viticulture de plus en plus encadrée par des normes, une viticulture procédurière, où la créativité s’exercera dans la mise en place de statuts et de règlements, sans cesse empilés par de nouvelles institutions.

GASTON BAZILLE ET UNE VITICULTURE CONQUERANTE
La famille de Gaston Bazille loge à Montpellier, dans l’Hôtel Périer, situé au 11 Grand Rue. Il dispose également d’une résidence familiale d’été à Montpellier, le domaine de Méric, aux berges du Lez, face à Castelnau, à proximité de l’ancienne voie Domitienne
Gaston Bazille a diverses charges. Il est Président de la Société Centrale d’Agriculture de l’Hérault. Son fils, Frédéric, suit des études de médecine à Montpellier et à Paris ; mais il est plus connu pour ses talents de peintre et sa vie au milieu des artistes.
Parmi les engagements agricoles et viticoles de Gaston Bazille, nous retiendrons ici ses actions à Saint-Sauveur, à Lattes (Hérault).

Aménagement de l’espace et mise en valeur des plaines : Saint-Sauveur- Lattes
Après la crise de l’Oïdium, la reconstruction de la viticulture s’engage sur des bases financières, avec une dimension capitalistique suite aux forts besoins de produits pour les traitements de vignes et la fertilisation poussant aussi à la mécanisation (voir concours)
Bazille s’engage dans la conquête de terres neuves, très productives en plaine, à des fins viticoles. Il construit alors un terroir viticole, à l’exemple de celui du Médoc à la même époque (voir D’Armailhacq), à partir de marécages fréquemment submergés, avec des sols d’alluvions riches, entourés de petites croupes de cailloutis de type villafranchien (La Méjanelle). Plusieurs étapes sont réalisées.

➢ L’assainissement et l’amélioration des sols
Il s’agit d’abord de trouver une solution technique relative à la gestion de l’eau sur sous-sol imperméable. Le drainage étant impossible (pente trop faible), Bazille choisit la constitution de larges fossés pour recevoir les eaux et les conduire dans les étangs voisins. Au préalable, il résout la question de la pente en réalisant une inclinaison artificielle du terrain vers ces fossés. Il en résulte un assainissement des terres sur une faible épaisseur (30 à 40 cm) ; c’est suffisant pour implanter un vignoble.
Ensuite, il décide de créer une couche arable de bonne qualité en diminuant un défaut de ces terres, é savoir la compacité d’un sol souvent argilo-siliceux. Pour cela, il retient l’option du recyclage des déchets de la ville de Montpellier, des cendrailles de coke des chemins de fer, ainsi que de la chaux des épurateurs des usines à gaz (apport calcaire). Le sol doit être enrichi du point de vue organique. Bazille apporte l‘engrais fournit par l’entretien d’un troupeau de vaches et de mouton.
Bazille a donc une vision d’une grande modernité, elle est très cohérente, globale, De nos jours on parlerait d’une véritable agriculture raisonnée.
Le rapport financier de tels investissements est jugé important.

Rôle de Bazille sur la question du phylloxera

Bazille s’implique ensuite dans la lutte contre le phylloxera. En compagnie de Sahut et de Planchon, il visite les premiers foyers attaqués en Provence et recueille les pucerons , ensuite déterminés par Lichtenstein et Planchon. Il expérimente les vignes américaines. Une partie d son domaine se prête à la submersion.
Louis Bazille réalise une traduction en français du Catalogue des vignes américaines de Bush et fils, et Meisnner (pépiniéristes dans le Missouri), en relation avec Planchon.

PLANCHON, LE PHYLLOXERA ET LE MISSOURI
Jules-Emile Planchon naît en 1823 à Ganges. Son père est un petit industriel, protestant [J.-E.Planchon, par M.E. Gachon Le Protestant, Journal des Chrétiens Libéraux, 14 avril 1888]. Il étudie à la Faculté de Pharmacie de Montpellier, poursuit par un Doctorat à la Faculté des Sciences. Ses compétences sont remarquables en botanique, acquises notamment au célèbre Kew Garden, à Londres. Il parle couramment anglais. Professeur à la Faculté, il est également, pendant quelques années, Directeur du Jardin des Plantes de Montpellier. Il décède en 1888. Parmi ses activités scientifiques, nous retiendrons ses activités dans le cadre de la lutte contre le Phylloxéra et sa défense de la cause entomologique de ce désastre viticole.

Planchon et les controverses sur le Phylloxera
Le Phylloxera arrive en 1865 dans le vignoble du Gard et du Vaucluse, ainsi que dans le Bordelais. La progression s’étend assez rapidement et fait l’objet d’un suivi officiel par le Ministère de l’Agriculture. La mobilisation est générale chez les viticulteurs et les scientifiques. Une série de prescriptions plus ou moins efficaces circule, avec des arguments justificatifs variables selon les lieux et l’état végétatif de la vigne.
Planchon défend l’un des deux grands courants de pensée déterminant la stratégie de défense, à savoir soit une lutte renouvelée annuellement, soit une reconstitution intégrale d’un vignoble résistant comme solution définitive.
➢ L’opposition de deux pensées scientifiques
• La première approche est très inspirée par une vision médicale dite « physiologiste ou intérioriste » pour laquelle le phylloxera est un simple symptôme d’une maladie de la vigne. Comme lors de l’Oïdium, Guérin-Méneville présente, une fois encore, cette thèse physiologiste jugée peu crédible. A sa mort, cette approche ne sera plus vraiment défendue.
• La deuxième approche considère que la cause des dégâts, de la mort de la vigne est extérieure, elle est dite « ontologique ». Les observations permettent à Planchon, Lichtenstein et Riley (courant américain) d’affirmer le rôle d’un puceron au cycle de vie aérien et souterrain , le Phylloxera vastatrix., selon le lieu (Amérique ou Europe), après un brève controverse scientifique, certains croyant voir deux types de puceron.
Le courant de Planchon et Lichtenstein l’emportera, appuyé à Bordeaux par Laliman. Mais il n’empêche point l’apparition de controverses au niveau des solutions techniques, cette fois.
➢ A la recherche d’actions préventives ou curatives
Deux types de solutions émergent : soit la destruction du phylloxera lorsqu’il s’attaque aux racines, soit planter des vignes dont les racines supportent les attaques du puceron, ou bien encore des vignes dont les racines ont un caractère répulsif pour lui.
• Dans le premier cas, les initiatives sont nombreuses, encouragées par le Ministère de l’Agriculture. Marès en est la tête de file dans l’Hérault. Chaque méthode révèle une certaine efficacité. La voie chimique repose sur l’injection dans le sol de sulfure de carbone, violent insecticide. La voie physique consiste à noyer l’insecte par submersion ou gêner son développement par un sol sableux. Les résultats ne sont pas toujours définitifs et exigent un renouvellement des traitements selon les lieux. Les vignes rendues puissantes par l’apport d’engrais sont jugées également résistantes en certains lieux.
• L’autre option est plus permanente. Mais les oppositions y sont nombreuses. La voie biologique consiste à planter de nouvelles vignes analogues à celles que Planchon découvre en Amérique, ou bien greffer les vignes françaises sur des porte-greffes résistants issus de vignes américaines.
Planchon fait alors preuve d’un grand esprit scientifique, mais il sait adopter un comportement réaliste. Il est cependant affecté par un certain mépris des scientifiques parisiens et des entomologistes. « Loin d’établir entre les divers systèmes de défense contre le Phylloxera des rivalités et des antagonistes stériles, il vaut mieux emprunter à chacun ce qu’il peut donner de bon, en combiner au besoin plusieurs, les renforcer l’un par l’autre, demander à la submersion, à l’ensablement leurs effets utiles, au sulfure de carbone sa puissance insecticide, aux sulfo-carbonates alcalins leur action à la fois toxique et fertilisante, au badigeonnage des ceps la destruction de l’œuf d’hiver, aux vignes américaines résistantes l’appui de leurs racines robustes, et, s’il le faut, le produit trop déprécié de leurs grappes. » [L’œuvre de J.-E. Planchon, Ch. Flahaut, La vigne américaine 1876, p.X].

➢ A la rencontre de Riley en 1873, entomologiste dans le Missouri
• Planchon part en mission à la demande de la Société d’Agriculture de l’Hérault, des Chambres de Commerce de Montpellier et Sète et du Ministre de l’Agriculture, en août 1873 pour achever l’étude sur le phylloxera et l’utilité des vignes américaines.
Il est accueilli par Riley, l’un des piliers scientifiques d’une colonie d’origine européenne structurée autour de quelques familles impliquées dans la viticulture, le commerce et l’université, dont les Bush, Husmann, Engelmann. Riley est un entomologiste de premier plan, originaire de Londres et ayant suivi des études en France et en Allemagne. Grâce à ses antécédents scientifiques avec Kew-Garden, Planchon peut établir un premier contact épistolaire avec Riley. Il fait part de ses premières descriptions du puceron, réalisées avec son beau-frère Lichtenstein (Montpellier). Ils confirment l’identité entre le puceron américain et le puceron français; la différence se trouve dans le cycle de vie de l’insecte et non au niveau de l’espèce.
• Mais subsiste alors la question : pourquoi ce puceron a t’il des effets différents selon le lieu, l’Amérique et l’Europe ? Telle est l’énigme posée aux scientifiques. Riley adopte une vision darwinienne, évolutionniste : en Amérique, un équilibre métastable entre hôte et prédateur est obtenu sur la longue durée, ce qui n’est pas le cas en Europe. Les vignes européennes n’ont pas eu encore le temps de s’adapter !
Planchon prend le temps de visiter des vignobles du Missouri et surtout s’intéresse aux pépinières Bush, à Bushberg, qui publie un Catalogue à la fois outil commercial mais aussi pédagogique (Manuel de Viticulture). Louis Bazille en fait une traduction, sur laquelle veille Planchon. A son retour, Planchon acquiert la conviction que la solution passe par les vignes des Etats-Unis.

➢ Au retour, des recommandations de plantations mal perçues
• Planchon n’est pas un œnologue, c’est un botaniste avant tout, qui étudie aussi les Vitis labrusca, aestivalis, cordifolia, rotundifolia… « L’intérêt qui s’attache à ce moment aux vignes américaines tient moins aux qualités intrinsèques de leurs produits qu’à ce fait très important pour nous, que plusieurs cépages échappent au Phylloxera, ou du moins résistent plus ou moins aux attaques de cet insecte. » [p.159] Planchon émet une préférence pour Vitis riparia et v. rupestris, qui lui paraissent mieux adaptées à l’Europe. Il recommande l’adoption de variétés américaines, dont Herbemont, Jacquez, mais apparaissent des problèmes de qualité. De plus, en cas de greffage, le vigneron doit faire preuve d’habileté, sans compter par des problèmes d’affinité entre américain et français (déjà !)
Les manœuvres de marginalisation sont très nombreuses. L’une des plus inattendue vient de la famille Marès. « J’aimerais à voir des journaux dont la publicité est très grande plus empressés de répandre les procédés de guérison applicables aux plants de notre pays, que de vanter outre mesure l’emploi des plants américains, qui n’en sont encore qu’à leur période d’essais intéressants, et qui ne pourrait être adopté en grand sans imprudence. » déclare Léon Marès au Congrès de 1874. Car, estime t’il, la solution préconisée par Planchon, amène une grande terreur chez les vignerons, devant l’ampleur de la reconstruction. Il rappelle la théorie de son frère Henri : « La vigne étant ainsi empoisonnée et débilitée par l’insecte, les sulfures alcalins auraient pour effet d’une manière générale de combattre le poison, de guérir la vigne, de panser ses plaies pour ainsi dire ; de servir, en un mot, de remède et d’antidote ; les engrais seraient ensuite nécessaires pour reconstituer la vigne guérie, mais épuisée. » [Congrès Viticole International, séance 26 octobre 1874, p.30-39].
Mais, les préconisations de Planchon se répandent. Depuis 1870, Bush envoie des boutures à Montpellier, Marseille et Bordeaux. En 1877, les établissements Blouquier et Leenhardt, de Montpellier, reçoivent les souscriptions pour commander les vignes américaines des Pépinières du Bushberg (Missouri). Les viticulteurs français ont accès à un assortiment de plants de premier choix. Le Catalogue Illustré de MM. Bush et fils et Meissner, traduit en français par Louis Bazille et Planchon, fournit les renseignements utiles sur les vignes américaines. Il est accessible à Montpellier (Coulet), Paris (Delahaye) et Bordeaux (Ferret).

• L’analyse historique sur le rôle de Planchon interroge sur la dynamique du bouleversement technique généré par le Phylloxera. Pourquoi Planchon a t’il vécu autant de résistances? Un regard sur sa personne peut fournir quelques éléments de réponse. Issu d’un milieu non viticole et socialement modeste, Planchon est confiné au rôle de savant, « atlantique », et aux relations avec les élites viticoles américaines.
Sa reconnaissance à ses « amis de Saint-Louis » ne serait-elle pas empreinte d’un certain idéalisme admiratif : il est sensible à la qualité professionnelle des pépiniéristes et des négociants en vigne, fondée sur une appréciable impartialité. Les travaux scientifiques d’Engelmann et de Riley sont jugés originaux de grande valeur. Sa dernière phase de l’introduction au Catalogue des vignes américaines, de Busberg, édition française de 1885, ne pouvait laisser indifférents ses compatriotes locaux : « Honneur donc et remerciements aux Ampélographes de Bushberg ! leur travail est la base solide sur laquelle l’expérience de l’Europe, unie à celle de l’Amérique, édifiera peu à peu la connaissance scientifique et pratique des vignes américaines » Dépassant le local, Planchon apparaît comme un précurseur des collaborations scientifiques avec les Etats-Unis.
Mais, en même temps, il se démarque de l’esprit ambiant en France, en reconstruction après la guerre de 1870 contre la Prusse, dont sont originaires ses correspondants américains. Dans le Midi, le félibrige chante la pureté de la race latine. Notamment sous la bannière du poète provençal Frédéric Mistral. De plus, il n’appartient pas à la nouvelle Ecole Nationale d’Agriculture de Montpellier, fer de lance officiel de la lutte contre le Phylloxera, où d’autres prennent le relais, en particulier les Directeurs Foex et Viala. La reconnaissance est internationale, de nos jours encore, via l’Angleterre et les Etats-Unis. Lui-même est immortalisé, les sculptures en témoignent à Montpellier en de multiples lieux!

BOUSCAREN ET LE DOMAINE DU TERRAL
La famille Bouscaren est très connue dans la région de Montpellier ; elle s’est maintenue depuis le XIXe siècle.

Le Château du Terral : des améliorations techniques appuyées par des expérimentations
➢ Une reprise en main complète du domaine
Le Terral est riche en histoire, aux portes de Montpellier. Il apparaît dans la mouvance de Maguelone et des évêques de Montpellier. Domaine de polyculture, il rentre dans le patrimoine de la famille du Conventionnel Cambon, à la Révolution française. Puis, par mariage d’une fille Cambon, avec un Bouscaren, il entre dans cette famille. Charles, membre de Société Centrale d’Agriculture de l’Hérault, le fait fructifier. Cette reprise en main s’inscrit dans les dynamiques agricoles de la bourgeoisie montpelliéraine au milieu du XIXe siècle.
Comme Bazille, il reprend la question de l’eau. Il investit dans le drainage, constitue un réseau long de quatre kilomètres avec des drains en tuyaux ou en tuile. Cet assainissement permet la récupération de l’eau des collecteurs vers un point d’eau. (Voir Médoc).
➢ Des améliorations du vignoble
Bouscaren applique toutes les recommandations émises par les éminents membres de la SCA. Il pratique une rotation des cultures pour améliorer la productivité des terres ; ainsi, après défrichage ou une jachère de vigne, il cultive du blé et de la luzerne. En général, la période de repos avant replantation est courte : trois ans.
Avant plantation, il réalise un labour profond de 80 centimètres, à tranchée ouverte, ce qui permet une bonne aération du sol et favorise l’activité biologique.
Les plants de vignes ne sont pas désordonnés. Déjà, en 1673, Locke notait des alignements en quinconce dans les vignobles autour de Montpellier! Bouscaren généralise ce mode de plantation, souvent altéré lors de renouvellement par marcottage ou provignage. Il renouvelle, ou régénère, les vignes par recépage (sur-greffage de la vigne). A la différence de Cazalis-Allut, Bouscaren privilégie des cépages productifs, tel l’Aramon ; il est vrai que les terres sont profondes, bien exposées au vent marin ! Il cherche à améliorer ses rendements, d’où une fertilisation avec du fumier (méthode Jauffret) et tourteaux. Ce qui l’amène à publier dans le Bulletin de la SCA de l’Hérault le résultat de ses expérimentations sur les tourteaux d’arachide et de sésame (1860). Pour lutter contre l’Oïdium, il pratique des soufrages avec soufre trituré mêlé à de la chaux en poudre.
➢ L’organisation des celliers En matière de vendange, le souci est toujours d’améliorer la productivité. Pour le transport de la vendange, il innove avec l’emploi de toiles en tissu serré, couvrant l’intérieur d’un cadre dans une charrette (pastière). Ce système permet des volumes plus importants et des déchargements dans les cuves plus rapides qu’avec des comportes. Il persistera jusqu’à son remplacement par des « pastières » en fer.
➢ La gestion comptable
La gestion est rigoureuse selon les rapports de commissions officielles : données sur les frais d’exploitation, intérêts des capitaux, résultats (BSCA 341860).

CONCLUSION
Au cours des siècles, en particulier au XIXe siècle, les élites protestantes manifestent une grande implication dans le développement de la viticulture languedocienne, tant au niveau du commerce (Sète en particulier) que de la production. La mise en valeur du patrimoine foncier, construit au fil de générations et d’alliances matrimoniales, repose sur des dynamiques techniques appuyées par des raisonnements scientifiques, des confrontations avec d’autres régions. Les réseaux sont établis et les Sociétés savantes, héritées de l’Ancien Régime, ainsi que les Universités, y contribuent.
Ainsi, remonter le temps pour parcourir en compagnie de quelques personnages de cette époque n’est pas seulement une promenade nostalgique, elle nous conforte dans quelques principes fondamentaux de rigueur intellectuelle avec Planchon en premier lieu, un sens de construction sociale préférant un socle rocheux, gage de qualité, comme à Aresquiés, au sable propice à la futilité et à un échappatoire momentané, comme l’a montrée la lutte contre le phylloxera.
Mais, comme dans tout parcours, à chacun d’en retirer quelques enseignement, durable si possible !

Posted 15 April 05, lunch time by jcmartin

Section: french | Category: Conférences | Histoire

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